Issue
N°14
FC Foot : la BD qui vous permet de faire carrière
Avec Olivier Bron et Timothée Ostermann, le livre dont vous êtes le héros fait une entrée inattendue sur les terrains de football.
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N°14
Avec Olivier Bron et Timothée Ostermann, le livre dont vous êtes le héros fait une entrée inattendue sur les terrains de football.
Avec Olivier Bron et Timothée Ostermann, le livre dont vous êtes le héros fait une entrée inattendue sur les terrains de football. Entre satire, références de puristes et amour sincère du ballon, FC Foot transforme le parcours d'un jeune prodige – le brésilien Plitini- en aventure foutraque à choix multiples. NOFC a rencontré ses deux auteurs.
Olivier Bron : Je viens d'un milieu où le football était plutôt quelque chose qu'on regardait de loin. Mon déclic, ça a été France 98. Comme beaucoup de gens, j'ai été emporté par cette ferveur populaire. Ensuite, je suis devenu un lecteur compulsif de presse sportive. Le football est une source inépuisable d'histoires, d'anecdotes, de personnages… C'est aussi de là qu'est née cette vieille envie de faire un livre dont vous êtes le héros consacré au foot.
Timothée Ostermann : Moi, c'est presque l'inverse. J'ai commencé le foot à cinq ans et j'ai joué plus de vingt ans. C'est une histoire familiale : mes trois grands frères jouaient, mon grand-père aussi. Avant FC Foot, j'avais déjà réalisé Football District, une BD sur le football amateur, et j'ai travaillé pendant sept ans pour So Foot. Le football fait vraiment partie de ma manière de raconter des histoires.

On est partis d'un fantasme très simple : celui qu'on a tous eu un jour, devenir footballeur professionnel
Timothée Ostermann
Olivier Bron : Ça faisait très longtemps que j'avais cette idée de faire un livre dont vous êtes le héros sur le football. Puis Tim est arrivé au bon moment. Il cochait toutes les cases : il connaissait parfaitement le football, il savait le dessiner et raconter des histoires. C'était le partenaire idéal.
Timothée Ostermann : On est partis d'un fantasme très simple : celui qu'on a tous eu un jour, devenir footballeur professionnel. On commence devant un orphelinat au Brésil et, selon les choix du lecteur, on peut finir champion du monde, Ballon d'Or… ou dessinateur de bande dessinée sur une plage. Tout est possible.
Olivier Bron : Parce qu'une carrière de footballeur peut basculer sur une seule passe. Une blessure, un mauvais choix, un but inscrit au bon moment, un transfert… Il y a constamment des bifurcations. On trouvait ça fascinant de mettre sur le même plan des décisions très réfléchies et des événements qui durent à peine quelques secondes mais changent toute une vie.
Dans un livre dont vous êtes le héros, tu ne sais jamais si ton choix va produire un effet dans la minute qui suit ou dix ans plus tard. Cette gestion du temps nous intéressait énormément. Ça vient aussi de la bande dessinée : entre deux cases, il peut se passer quelques secondes… ou plusieurs années.
Timothée Ostermann : Complètement. Notre principale source d'inspiration, c'était le football lui-même. Tous les jours, il se passe quelque chose. On a commencé par faire un immense tableau avec tout ce qu'on avait envie d'intégrer : des gestes historiques, des scandales, des anecdotes, des moments cultes, des situations improbables...
On s'est vite rendu compte qu'il y avait beaucoup trop de matière. Le football est tellement riche qu'on aurait pu faire un livre deux fois plus gros.
Olivier Bron : L'idée, c'était que quelqu'un qui ne maîtrise pas toutes les références puisse quand même vivre une vraie aventure. Mais si tu es passionné de football, tu peux aussi t'amuser à reconnaître des dizaines de clins d'œil cachés.








Timothée Ostermann : Ça nous faisait énormément rire. C'est un hommage aux vieux jeux vidéo de football qui n'avaient pas les licences officielles. On a tous connu ces faux noms improbables et, au fond, ça fait partie de notre culture foot.
Du coup, on a créé des personnages qui sont souvent des mélanges de plusieurs joueurs. Leur nom fait penser à quelqu'un, leur coupe de cheveux à un autre, leurs manches relevées à un troisième. C'est presque un jeu dans le jeu.
Timothée Ostermann : Les écussons, les maillots, les blasons… C'est ce qui me passionne depuis toujours. Pour les logos, je me suis beaucoup amusé à fusionner des clubs complètement opposés. J'essayais toujours de partir de codes que les amateurs de foot reconnaissent immédiatement tout en les décalant légèrement.
J'ai aussi énormément regardé Olive et Tom. Les mangas de football restent une immense référence pour moi. Les terrains immenses, les perspectives impossibles, les frappes complètement folles… Je ne pouvais pas ne pas réutiliser ces codes.
Olivier Bron : Les maillots et les blasons racontent déjà des histoires à eux seuls. Ils sont presque des personnages.
Quand on aime le football, il faut accepter une forme de dissociation.
Olivier Bron
Olivier Bron : Quand on aime le football, il faut accepter une forme de dissociation. On peut être sincèrement passionné par ce sport tout en voyant très bien tout ce qui dysfonctionne autour.
On avait envie de parler de la santé mentale, du racisme, de la pression dans les centres de formation, du football féminin… Mais sans jamais faire la leçon. Tout ça fait partie du parcours possible d'un joueur.
Timothée Ostermann : On voulait raconter le football dans toute sa richesse. Le drôle, le beau, le ridicule, le tragique… Tout cohabite en permanence dans ce sport.

Olivier Bron : Pas vraiment. Ce qu'on espère surtout, c'est que les lecteurs recommencent plusieurs fois l'aventure.
Timothée Ostermann : Le plaisir, c'est d'explorer. De tester un autre choix, de découvrir un nouveau chemin, de tomber sur une scène qu'on n'avait jamais vue. On a caché énormément de choses dans le livre. Plus on le rejoue, plus il révèle de nouvelles histoires.
Au fond, le livre fonctionne un peu comme une carrière de footballeur : on tombe, on recommence, on change de direction… et on découvre que le chemin est souvent plus intéressant que la destination.

Editions 2042
348 pages
10,5 X 18,5 cm
Couverture cartonnée
Prix public : 19,5 euros

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