
Issue
N°7
Pompeii réinterprète l'esthétique du football
On a bavardé avec Cosme Bergareche, le directeur créatif de la marque espagnole.

Issue
N°7
On a bavardé avec Cosme Bergareche, le directeur créatif de la marque espagnole.
Mon rôle consiste à définir la stratégie produit et l’image de la marque, en assurant une cohérence globale dans tout ce que nous faisons, du design à la communication.
Chez Pompeii, nous nous positionnons comme une marque lifestyle avec une approche élégante mais décontractée du vêtement du quotidien. Nous décrivons cela comme un streetwear raffiné, un style influencé par le sport, la nostalgie et la culture, mêlant une forme de modern prep à une énergie plus jeune.
Mon approche repose sur la cohérence. Chaque projet, chaque collection, chaque collaboration doit être immédiatement identifiable comme étant Pompeii. Il ne s’agit pas seulement de créer des produits, mais de construire un point de vue cohérent dans le temps. Faire en sorte que, quel que soit le point de contact avec la marque, elle parle toujours le même langage.

Le football a toujours occupé une place centrale dans ma vie. J’y ai joué, je l’ai suivi, je l’ai porté aussi loin que je me souvienne. Ce n’est pas seulement un intérêt, c’est une manière de comprendre la culture et le collectif.
Cela se reflète naturellement dans mon travail. Le football est l’un des piliers de Pompeii, mais nous l’abordons sous un angle légèrement différent. Ce qui m’intéresse le plus, c’est d’apporter une nouvelle perspective, montrer que le football ne doit pas être uniquement axé sur la performance ou enfermé dans les codes traditionnels du streetwear.
Nous cherchons à le réinterpréter à travers un regard plus esthétique et réfléchi, pour le rendre pertinent auprès d’un autre public. Je suis particulièrement sensible à l’identité des clubs locaux et à leur ancrage profond dans leur communauté. Ils représentent bien plus que du sport : ils incarnent un lieu, un mode de vie. C’est quelque chose que nous essayons toujours de capturer.
Le football influence la manière dont les gens s’habillent, se retrouvent, s’expriment
Cosme Bergareche
Ce qui m’intéresse vraiment, c’est la profondeur culturelle du football. C’est l’une des rares choses capables de traverser les générations, les géographies et les contextes sociaux, tout en conservant une forte identité locale.
Chez Pompeii, nous ne cherchons pas à être plus bruyants ou plus techniques que les autres. Nous voulons proposer une relecture du football à travers une approche plus raffinée, plus proche de la mode. Explorer la manière dont il peut exister en dehors du terrain, dans le quotidien.
Pour nous, le football ne se limite pas aux 90 minutes d’un match, c’est une présence continue. Il influence la manière dont les gens s’habillent, se retrouvent, s’expriment. C’est cet univers élargi qui nous inspire le plus.
La collaboration est d’abord née d’une opportunité. Ils avaient vu notre travail avec le Real Racing Club (Santander) et nous ont contactés, ce qui était pour nous extrêmement excitant. Club América est l’un des plus grands clubs au monde, donc cela s’est immédiatement imposé comme une étape naturelle et ambitieuse.
À partir de ce premier contact, l’enjeu a rapidement été de construire quelque chose de pertinent ensemble. Le défi consistait à créer une collection qui respecte l’identité du club tout en restant fidèle au langage de Pompeii, afin qu’elle soit authentique pour les deux parties.








Ce qui m’intéresse vraiment, c’est la profondeur culturelle du football. C’est l’une des rares choses capables de traverser les générations, les géographies et les contextes sociaux, tout en conservant une forte identité locale.
Chez Pompeii, nous ne cherchons pas à être plus bruyants ou plus techniques que les autres. Nous voulons proposer une relecture du football à travers une approche plus raffinée, plus proche de la mode. Explorer la manière dont il peut exister en dehors du terrain, dans le quotidien.
Pour nous, le football ne se limite pas aux 90 minutes d’un match, c’est une présence continue. Il influence la manière dont les gens s’habillent, se retrouvent, s’expriment. C’est cet univers élargi qui nous inspire le plus.
La collaboration est d’abord née d’une opportunité. Ils avaient vu notre travail avec le Real Racing Club (Santander) et nous ont contactés, ce qui était pour nous extrêmement excitant. Club América est l’un des plus grands clubs au monde, donc cela s’est immédiatement imposé comme une étape naturelle et ambitieuse.
À partir de ce premier contact, l’enjeu a rapidement été de construire quelque chose de pertinent ensemble. Le défi consistait à créer une collection qui respecte l’identité du club tout en restant fidèle au langage de Pompeii, afin qu’elle soit authentique pour les deux parties.







Il n’y avait pas un élément unique, mais plutôt une richesse globale. Le Mexique, en tant que culture, offre une profondeur de références incroyable, et Club América possède lui-même une identité visuelle et historique très forte.
Notre approche a consisté à réinterpréter ces éléments à travers notre propre regard. Par exemple, nous avons repris les motifs losanges traditionnels du club pour les traduire en motif argyle, plus en phase avec une esthétique européenne. De la même manière, des pièces comme les rugby shirts ou les cardigans apportent cette dimension héritage européenne à la collection.
En termes de produit, l’inspiration vient largement des archives et de l’identité du club. Pour le lookbook, nous avons davantage exploré le contexte culturel global, en créant un dialogue entre Mexico et Madrid. Cela passait par des références subtiles, à travers le casting, le styling et les détails, sans être trop littéral.
L’intention n’était pas de reproduire, mais de suggérer. De capturer une sensation située quelque part entre deux mondes, plutôt que d’appartenir pleinement à l’un ou à l’autre.
Un élément important de cette collaboration pour nous était d’amener Club América à Madrid de manière concrète et signifiante. Nous avons exploré différentes pistes, mais beaucoup semblaient trop prévisibles ou pas totalement alignées avec notre approche.
L’idée de construire un terrain de football était présente dès le départ, initialement pensée comme quelque chose de plus public dans la ville. Au fur et à mesure du projet, nous avons compris que le placer dans un lieu inattendu et raffiné comme le Casino de Madrid créait un contraste beaucoup plus fort.
Il ne s’agissait pas de délivrer un message littéral, mais de créer un moment visuel fidèle à Pompeii. On s’attend à un défilé de mode dans un tel lieu, pas à un match de football. Cette tension entre élégance et dimension quotidienne du jeu est précisément là où nous nous sentons le plus à l’aise en tant que marque.


Pour moi, le football est un terrain de jeu créatif ouvert. Il reste encore beaucoup à explorer au-delà des limites traditionnelles du maillot et du vêtement de performance.
Ce qui m’intéresse, c’est d’élargir l’idée du football comme mode de vie. L’expérience du football dépasse largement le match lui-même : elle existe avant, pendant et après. Elle influence la manière dont les gens s’habillent, voyagent, occupent leur temps.
C’est là que je vois une opportunité. Continuer à réinterpréter le football à travers différents produits, matériaux et contextes, en l’éloignant légèrement de l’évidence pour aller vers quelque chose de plus réfléchi et durable.
Pompeii Brand

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